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Point de vue de la CGA sur l'origine du mouvement des indigné-e-s et sa suite.

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Point de vue de la CGA sur l'origine du mouvement des indigné-e-s et sa suite.

Message par phil le Ven 18 Nov - 16:59

Un texte intéressant issu du site fédéral de la CGA.

"Notre regard est celui d'anarchistes organisés qui participent aux mouvements sociaux pour peser le plus possible sur leurs cours. Nous n'avons pas été acteur/actrice du mouvement des Indignados en Espagne. Par contre nous nous y sommes beaucoup intéressé-e-s et avons participé à quelques assemblées et manifestations barcelonaises. Notre point de vue est certes extérieur à ce mouvement mais il est quand même le fruit de rencontres riches et d'observations passionnantes.



Un contexte social particulier



Le contexte social espagnol est de plus en plus compliqué : se loger correctement devient un luxe, près de 45% des jeunes sont au chômage, la précarité augmente toujours plus, les conditions de boulot se dégradent pour tous les autres, les coupes budgétaires touchent de plein fouet les secteurs du social, de l'éducation et de la santé, tout se privatise, la solidarité inter-familiale qui permettait à beaucoup de s'en sortir, ne suffit plus. Le mouvement du 15 mai qui a surgi en surprenant tout le monde, a certainement émergé de ce contexte social espagnol particulièrement rude. C'est ce qui peut expliquer que, malgré la symétrie des problèmes de fond, le mouvement des indignés n'a pris que très marginalement en France et n'a pas rencontré le même écho, la situation sociale n'étant pas encore (pour combien de temps ?) aussi dégradée ici. Le contexte espagnol s'apparente en effet plus à celui de la Grèce ou du Portugal, pays qui connaissent également des soubresauts sociaux importants. Le refus de payer « leur » crise, véritable fondement et ciment du mouvement espagnol est une réalité concrète et violente pour la quasi totalité de ceux et celles qui ne profitent pas directement du système. Ainsi, malgré quelques similitudes (occupation de l'espace public, logique de réseau, non violence, méfiance vis à vis de la récupération politicienne, assembléisme...) le mouvement des indignés en France ne peut à notre sens être comparé au mouvement outre Pyrénées car il est resté cantonné à une frange marginale de la société sans lien réel avec le reste de la population. Le mouvement du 15 mai, même s'il reste minoritaire est devenu un véritable mouvement social d'ampleur, interpellant l'ensemble de la société espagnole. Les contradictions internes dues à l'hétérogénéité de ce type de mouvement et les limites qu'on peut y voir ne doivent pas nous empêcher de regarder les constructions très intéressantes qui ont pu y naître.





Le mouvement du 15 Mai est un réel mouvement social et à ce titre, il est hétérogène et contradictoire.



A l'origine, ce mouvement est largement citoyenniste et ouvertement démocrate. Les revendications de réformes politiques et sociales regroupent le plus grand nombre de personnes et de mains levées. Mais, comme nous l'avons déjà évoqué, ce qui lie fondamentalement les indigné-e-s peut se résumer par le refus de faire payer au peuple la crise financière. Cela situe de fait le mouvement sur une dynamique sociale de classe intéressante. Le capitalisme en tant que système est clairement pointé du doigt et mis en cause même si toutes les nuances existent entre les discours partisans du renversement nécessaire de la machine capitaliste à ceux défenseurs d'une simple régulation d'un système .

Ce contenu s'exprime et s'organise sous une forme assembléiste, qui rejette toute représentation classique (comme par exemple se convertir en un énième parti politique) et qui renie toute idéologie, symbole ou forme politique déjà connu (des partis jusqu'aux drapeaux républicains en passant par les A cerclés). Le fait que le P.S.O.E (parti socialiste ouvrier espagnol) soit au pouvoir et dirige cette casse sociale d'envergure a certainement mis beaucoup de personnes en décalage avec le jeu de la démocratie représentative consistant à attendre l'alternance politicienne. L'émergence du slogan « ils ne nous représentent pas », illustre bien l'état d'esprit général. Il laisse le champ aux partis d'extrême gauche et aux citoyennistes sincères ou intéressés pour développer un discours (majoritaire) demandant des réformes électorales et une « réelle démocratie »; il crée aussi mécaniquement un espace pour rechercher de réelles alternatives au système actuel et facilite les critiques radicales du pouvoir de ceux et celles qui, comme les anarchistes, refusent d'abandonner la souveraineté populaire à une minorité. Dans ce contexte, le slogan libertaire par essence « les politiciens ne sont pas la solution, ils font partie du problème » est largement plus audible et plus partagé que d'habitude ...

La non violence est de fait, une autre caractéristique du mouvement, pour autant la reprise de la Plaça Catalunya à Barcelone par la population face aux forces de l'ordre étatique, relativise cet état de fait et démontre la forte détermination de ceux et celles qui luttent. Cette ré-appropriation du politique par la population rompt avec la fatalité du «on ne peut rien, ils sont plus forts, plus nombreux, mieux organisés.... » même si elle passe logiquement par des formes diverses et parfois contestables car réformistes.



Expressions d'un mouvement en construction



Depuis le 15 mai dernier et l'occupation de la Porta del Sol à Madrid, le mouvement a largement évolué. Il s'est étendu à de nombreuses villes d'Espagne qui se sont coordonnées, chaque ville s'est organisée en assemblées de quartier et a coordonné ses actions....

L'exemple barcelonais que nous connaissons le mieux est sûrement représentatif de l'évolution du mouvement. L'occupation de l'espace public s'est concentrée dans un premier temps sur la Plaça Catalunya. Des assemblées plénières fréquentes ont rythmé l'acampament, des commissions et des sous commissions se sont réunies. Sur la Plaça Catalunya, ces commissions ont proposé pendant de longues semaines des réflexions et des activités. Des stands ont été animés en continu : accueil et information sur le mouvement, culture, autogestion, éducation, contenus (ou fond politique), immigration, logement, santé, juridique, aîné-es (les vieux), cuisine, féminisme, environnement,
convivialité (au niveau du campement), jardin, santé, diversité sexuelle, extension du mouvement, communication, international, audiviosuel et internet (médias alternatifs), information médias, économie, actions et activités,infrastructure... L'épicentre du mouvement s'est décalé sur les assemblées de quartier jusqu'à la levée des campements des places à la fin juin.

Après avoir eu la volonté d'empêcher les parlementaires de voter une loi sur les coupes budgétaires en entourant le parlement catalan (cela s'est soldé par un échec puisque les parlementaires sont entrés au Parc de la Ciutadella par hélicoptère !), les indignés ont organisé dans toute l'Espagne des manifestations (qui avaient une ambition internationale) le 19 juin. Elles ont réuni un minimum de 200 000 personnes (chiffre de la presse officielle). Les assemblées et les actions ont perduré tout l'été malgré la vacuité liée aux vacances. Le mouvement a réussi le tour de force de réunir plusieurs milliers de personnes (50 000 ?) à Madrid au cœur de l'été lors d'une manifestation le 24 juillet dernier où la population madrilène s'est agrégée à différentes marches qui ont convergé des quatre coins du pays. En plus de rassemblements symboliques comme une journée pour visibiliser la pauvreté, le mouvement s'efforce de transformer l'indignation en investissement dans des luttes concrètes contre la fermeture des lits d'hôpitaux, contre les expulsions de logements de familles sur-endettées ou d'immigré-e-s en situation irrégulière. En parallèle à tout cela, on sent que les questions de fond sur le fonctionnement social sont en train de se diffuser, la création de l'université populaire1 de Barcelone en est certainement un témoin. Le phénomène majeur de ce mouvement est sans doute la repolitisation d'envergure qui s'opère, sur fond de fonctionnement horizontal. Le site « 15M Acampada Barcelona »2 illustre bien la vitalité du mouvement, sa diffusion dans les quartiers et son investissement croissant dans des luttes.



Des raisons d'espérer



Que c'est agréable d'entendre dans des assemblées les parlementaires traités de profiteurs, de terroristes ou de vermines, avec l'assentiment général. On peut aussi observer ça et là des volontés affichées de travailler à un changement révolutionnaire. C'est au moins un bon début même si la critique du parlementarisme va trop souvent se cantonner à la façon dont il est actuellement exercé et pas forcément au mécanisme d'appropriation par une minorité du pouvoir.

La posture du refus de payer la crise, cantonné en France aux organisations d'extrême gauche et aux organisations anarchistes, montre le potentiel social de ce mouvement.

Quand on rajoute la volonté affichée d'auto-organisation avec la méfiance partagée des bureaucrates politiques et syndicaux, on peut se dire que tout ça peut aller dans le bon sens, laisser des traces importantes et asseoir des pratiques émancipatrices. De l'auto-organisation sur la place Catalunya, nous avons pu voir de l'extérieur ce qui fonctionnait et non les manipulations et les tensions qui devaient nécessairement exister. Propreté des lieux lavés tous les matins, quasiment pas de personnes bourré-e-s ou agressives, place notable des femmes et des personnes âgées sont autant d'éléments qui rendaient l'ambiance la Plaça Catalunya accessible à toutes et tous. Certaines des assemblées nous ont impressionnés : écoute, fonctionnement, intelligence politique, qualité du travail fourni par les commissions et transparence du boulot et des propositions de celles-ci, une certaine radicalité tout en n'oubliant pas de reposer le fond des questions pour ne pas perdre des gens en route et en n'oubliant pas l'objectif de massifier etc. Si le mouvement obtient une quelconque réussite en fonctionnant en assemblées coordonnées, empreinte d'un rejet des politiciens et de leurs amis de la finance, d'une défiance vis à vis de la représentation traditionnelle, d'une détermination politique et de volontés autogestionnaires, indépendamment du résultat final, c’est une base non négligeable pour nous. Nous rejoignons les camarades anarchistes3 madrilènes lorsqu'ils affirment avoir leur place dans ce mouvement avec l'objectif qu'il investisse de plus en plus les luttes et les pratiques solidaires, engagements propices à faire émerger des remises en cause globales.





Quelles suites ?



Il est difficile de prévoir ce que va devenir ce mouvement. Malgré une baisse logique d'activité, il a passé l'été et reste vivace. Mais les mobilisations d'ampleur contre les coupes budgétaires ne se sont soldées par aucun recul gouvernemental, la question d'avancées par la mobilisation collective et la lutte reste incontournable pour continuer à prendre dans la société.

Cet été les indignados ont tenté de reproduire au niveau européen la marche qui avait convergé des quatre coins d'Espagne le 24 juillet avec le succès que l'on sait. Mais, cette marche vers Bruxelles n'a pas suscité, notamment en France de par l'absence de réel mouvement ici, la même réussite. Cependant l'actualité internationale d'où le mouvement a tiré son mode initial de regroupement à l'instar des Égyptiens de la place Tahrir, peut contribuer à nourrir le mouvement. Les révoltes sociales au Maghreb, au Machrek, en Grèce, en Israël ou au Chili montrent que beaucoup à travers le monde refusent de subir. La dégradation sociale à travers toute l'Europe peut aussi créer des réponses populaires inédites et contribuer à nourrir le mouvement espagnol. Cette préoccupation anime les Indignés qui organisent une journée internationale sur le refus de payer la crise le 15 octobre prochain.

Mais certainement plus qu'un hypothétique embrasement social en Europe, la question du lien avec les luttes salariales, réel mais limité pour l'heure, est cruciale pour donner des perspectives au mouvement. Une probable « réforme » des retraites dans les mois qui viennent peut donner l'occasion de faire une réelle jonction avec le monde du travail. Dans cette hypothèse, si le mouvement réussit à diffuser ses pratiques auto-organisationnelles, les perspectives peuvent être des plus intéressantes."

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Re: Point de vue de la CGA sur l'origine du mouvement des indigné-e-s et sa suite.

Message par lidex le Dim 20 Nov - 1:42



A vous,

"La crise", est une infection! En période difficile, On demande aux pauvres si ils ont fait leur rappel de vaccin contre la misère; aux riches si ils sont prêts à faire un don pour l'avancée de la science!

L'indigence n'a hélas pas de frontières, elle naît quelque part, et bon nombre de femmes et d'hommes, la souhaiterait voir agoniser à tout moment , peu importe les circonstances de sa fin, ne se souciant guère de l'endroit où elle crève!
La lutte contre ce fléau, se déplace d'un endroit à l' autre de la planète, de l'Espagne, en passant par la Grèce... la France n'est pas loin!
Il est fort probable que la force qui permettta de renverser cette pauvreté, émergera de ceux qui l'ont instaurée.
Plus le capital pèse, plus les consciences de ceux d'en bas s 'éveilent, la mutinerie des mêmes, du "socle", s'organise, le renversement de la société devient alors palpable. De l'indignation à la rébélion, la limite devient intangible!
Patience, les loups se bouffant la gueule, les agneaux quitteront la bergerie, et n'auront qu'un mot de désordre: "vendetta"!
Indignons nous, agissons...Révoltons nous si necessiare. J'en veux , et pas pour mon argent, mais pour le fric qu'on suprimea à ces "Messieurs" et ces " Dames" de la "Haute"! J'entends, mettons à poil le capital : Holding, multinaionales, fortunes privées... Nous nous en porterons que mieux!
Pour cela, quels machins nous donnons nous? La réponse viendra de nos adversaires! La fin justifie-t-elle les moyens ou bien est-ce le contraire?

Oh mince, je me suis embarqué là, dans une sacrée chaloupe...

Alex





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